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news - La Solitaire du Figaro: Victoire de Fabien Delahaye

Aug 03 2011

 

Le local de l’étape, le Normand Fabien Delahaye, a fait la différence dans les vingt derniers milles de cette première étape de La Solitaire du Figaro Eric Bompard Cachemire. Alors que le peloton leader se voyait contraint de mouiller au large de Barfleur, certains solitaires ont pu décrocher l’ancre un poil plus tôt pour retrouver au petit matin des conditions plus favorables, mais les trente premiers restent groupés en moins d’une heure... Le premier bizuth s’offre une belle cinquième place, Xavier Macaire (Starter Active Bridge) réalise un superbe parcours.
Il fallait être patient et ne jamais relâcher son attention sur cette première étape raccourcie de 27 milles du côté de l’arrivée à Ouistreham. 293,1 milles donc dans une brise plutôt légère, voire parfois quasiment inexistante, mais l’angoisse de se retrouver bloqué par les grandes marées le long des côtes anglaises n’a pas eu lieu d’être. Dès le départ, un trio imposait son rythme avec un leadership successif entre Nicolas Lunven (Generali), le plus prompt pour passer la bouée de dégagement Radio France, Jérémie Beyou (BPI) et Thomas Rouxel (Bretagne Crédit Mutuel Performance) qui virait en tête la dernière marque britannique au large des Needles, Fairway. En fait, la flotte est très longtemps restée groupée et la première traversée de la Manche entre Perros-Guirec et la bouée Hand Deeps au large de Plymouth, n’a pas réellement créé d’écart. Sous spinnaker serré jusqu’aux côtes britanniques, la meute ne s’est pas vraiment dispersée, restant sur la route directe à 8 nœuds de moyenne.
Zone névralgique à Anvil Point
La crainte d’arriver contre le courant de marée descendante s’est envolée quand la brise s’est établie de secteur Sud-Ouest pour aller parer Start Point puis Portland Bill, les deux pointes anglaises les plus délicates à négocier en raison des forts courants et des effets de côte. Certes il y a eu des ralentissements, en particulier avant de parer la presqu’île de Weymouth quand la brume couvrait encore la flotte et que le vent s’essoufflait au matin de lundi. Les trois leaders suivaient toujours la route la plus directe et ceux qui s’en écartaient en anticipant des calmes et la renverse de marée dans la baie de Poole, perdaient souvent du terrain. Mais là encore, les concurrents n’étaient dispersés que sur une douzaine de milles.
Changement de décor lorsque la marée descendante s’installa devant Anvil Point à la mi-journée de lundi ! Toujours sous spinnaker, la flotte profitait alors du retour du soleil et en parallèle, d’une brise thermique qui s’installait pour une douzaine de nœuds : suffisant pour affronter un jusant qui atteignait parfois 3 nœuds, mais aussi provoquant une coupure dans la meute puisqu’une vingtaine de solitaires étaient alors décrochés. Même si le triumvirat de tête conservait sa position, rien n’était joué au vu des écarts insignifiants qui séparaient les vingt-cinq premiers (4 milles !). Quelques uns tentaient leur chance en jouant une trajectoire « terrestre » dans la baie de Poole (Pellecuer, Dalin, Nicol, Rivet, Lagravière) quand d’autres optaient pour le large (Ruyant, Loison, Svilarich, Chabagny), mais au final, tout le monde convergeait sur la bouée de Fairway avec peu d’écart : vingt-cinq solitaires en moins d’une demie heure… Toujours emmenés par le trio Rouxel-Lunven-Beyou !
Troisième tranche, deuxième Manche, premier tri
Les 100 derniers milles représentant le dernier tiers du parcours scindé en trois tranches égales (Perros-Guirec-Start Point, Start Point-Needles, Needles-Ouistreham) étaient aussi une deuxième traversée de la Manche… Et la surprise vint au plein cœur de la nuit quand la marée descendante commença à repousser les solitaires vers la pointe de Barfleur avec très peu de vent et plus de 2 nœuds de courant. La plupart des concurrents durent mouiller quelques temps pour ne pas se faire avaler vers la presqu’île du Cotentin et cette redistribution des cartes fut quelque peu aléatoire puisqu’à quelques encablures les uns des autres, certains restèrent coincés quand d’autres progressaient difficilement à 2 nœuds. La bouée de Cussy, au milieu de la baie de Seine, établissait ainsi une nouvelle hiérarchie quand la marée montante et une petite brise de secteur Est permettaient enfin de faire route vers l’arrivée, la Direction de Course ayant décidé de « shunter » le zigzag final devant Ouistreham.
Profitant de sa connaissance du plan d’eau, le Normand Fabien Delahaye (Port de Caen-Ouistreham) prenait la direction des opérations, poursuivi de près par Gildas Morvan (Cercle Vert) et Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls), le premier « bleu » Xavier Macaire (Starter Active Bridge) s’incrustant à une belle quatrième place. Ne restait plus qu’à tenir sa position jusqu’à l’arrivée située à une vingtaine de milles de la bouée de Cussy… Mais si les quatorze premiers optaient pour la route directe, leurs poursuivants emmenés par Jeanne Grégoire (Banque Populaire) choisissaient de pointer plein Est pour bénéficier d’un courant de marée montante plus fort. Une redistribution des cartes était encore possible !
Un final à rebondissements !
Après le passage de la bouée de Cussy à 20 milles de l’arrivée, certains solitaires ont pourtant tenté des options pour se démarquer derrière le trio leader. Ainsi Laurent Pellecuer (Atelier d’Architecture Jean-Pierre Monier) se glissait plus au Sud tandis que Nicolas Lunven et Erwan Tabarly (Nacarat) se décalaient dans le Nord de la route directe. Quant au deuxième groupe de poursuivants à partir du quinzième et emmené par Jeanne Grégoire (Banque Populaire), il piquait plein Est pour profiter d’un courant de marée montante plus fort… Mais sur la zone d’arrivée devant Ouistreham, la brise était de secteur Sud entre 3 et 5 nœuds ! De quoi redistribuer les cartes une nouvelle fois.
Mais à moins de 5 milles de l’arrivée, le vent s’établissait sur toute la zone de secteur Est 5 à 7 nœuds, ce qui ne provoquait que quelques légères modifications hiérarchiques : tous les solitaires se focalisaient plutôt sur l’écart en temps par rapport au premier car les minutes s’égrainaient vite… Ce retour à des conditions stables permettait ainsi à plus de trente skippers de maintenir un delta inférieur à une heure, ce qui reste « acceptable » quand trois autres étapes sont encore à courir. Fabien Delahaye acquiert par cette victoire, un ascendant psychologique non négligeable pour la suite, surtout par rapport à certains favoris comme Frédéric Duthil (Sepalumic) à 27’, Thierry Chabagny (Gedimat) à 29’, Adrien Hardy (Agir Recouvrement) à 54’...
Du côté des « novices », l’ex-Ministe Xavier Macaire frappe fort en terminant cinquième et en remportant le classement Bénéteau des Bizuths tandis que le Britannique Phil Sharp s’adjuge la septième place : superbe résultat puisqu’ils relèguent le troisième, Thomas Ruyant à près de vingt minutes…

Victoire de Fabien Delahaye

3 Août, Caen, FRA

Le local de l’étape, le Normand Fabien Delahaye, a fait la différence dans les vingt derniers milles de cette première étape de La Solitaire du Figaro Eric Bompard Cachemire. Alors que le peloton leader se voyait contraint de mouiller au large de Barfleur, certains solitaires ont pu décrocher l’ancre un poil plus tôt pour retrouver au petit matin des conditions plus favorables, mais les trente premiers restent groupés en moins d’une heure... Le premier bizuth s’offre une belle cinquième place, Xavier Macaire (Starter Active Bridge) réalise un superbe parcours.

Il fallait être patient et ne jamais relâcher son attention sur cette première étape raccourcie de 27 milles du côté de l’arrivée à Ouistreham. 293,1 milles donc dans une brise plutôt légère, voire parfois quasiment inexistante, mais l’angoisse de se retrouver bloqué par les grandes marées le long des côtes anglaises n’a pas eu lieu d’être. Dès le départ, un trio imposait son rythme avec un leadership successif entre Nicolas Lunven (Generali), le plus prompt pour passer la bouée de dégagement Radio France, Jérémie Beyou (BPI) et Thomas Rouxel (Bretagne Crédit Mutuel Performance) qui virait en tête la dernière marque britannique au large des Needles, Fairway. En fait, la flotte est très longtemps restée groupée et la première traversée de la Manche entre Perros-Guirec et la bouée Hand Deeps au large de Plymouth, n’a pas réellement créé d’écart. Sous spinnaker serré jusqu’aux côtes britanniques, la meute ne s’est pas vraiment dispersée, restant sur la route directe à 8 nœuds de moyenne.

Zone névralgique à Anvil Point

La crainte d’arriver contre le courant de marée descendante s’est envolée quand la brise s’est établie de secteur Sud-Ouest pour aller parer Start Point puis Portland Bill, les deux pointes anglaises les plus délicates à négocier en raison des forts courants et des effets de côte. Certes il y a eu des ralentissements, en particulier avant de parer la presqu’île de Weymouth quand la brume couvrait encore la flotte et que le vent s’essoufflait au matin de lundi. Les trois leaders suivaient toujours la route la plus directe et ceux qui s’en écartaient en anticipant des calmes et la renverse de marée dans la baie de Poole, perdaient souvent du terrain. Mais là encore, les concurrents n’étaient dispersés que sur une douzaine de milles.

Changement de décor lorsque la marée descendante s’installa devant Anvil Point à la mi-journée de lundi ! Toujours sous spinnaker, la flotte profitait alors du retour du soleil et en parallèle, d’une brise thermique qui s’installait pour une douzaine de nœuds : suffisant pour affronter un jusant qui atteignait parfois 3 nœuds, mais aussi provoquant une coupure dans la meute puisqu’une vingtaine de solitaires étaient alors décrochés. Même si le triumvirat de tête conservait sa position, rien n’était joué au vu des écarts insignifiants qui séparaient les vingt-cinq premiers (4 milles !). Quelques uns tentaient leur chance en jouant une trajectoire « terrestre » dans la baie de Poole (Pellecuer, Dalin, Nicol, Rivet, Lagravière) quand d’autres optaient pour le large (Ruyant, Loison, Svilarich, Chabagny), mais au final, tout le monde convergeait sur la bouée de Fairway avec peu d’écart : vingt-cinq solitaires en moins d’une demie heure… Toujours emmenés par le trio Rouxel-Lunven-Beyou !

Troisième tranche, deuxième Manche, premier tri

Les 100 derniers milles représentant le dernier tiers du parcours scindé en trois tranches égales (Perros-Guirec-Start Point, Start Point-Needles, Needles-Ouistreham) étaient aussi une deuxième traversée de la Manche… Et la surprise vint au plein cœur de la nuit quand la marée descendante commença à repousser les solitaires vers la pointe de Barfleur avec très peu de vent et plus de 2 nœuds de courant. La plupart des concurrents durent mouiller quelques temps pour ne pas se faire avaler vers la presqu’île du Cotentin et cette redistribution des cartes fut quelque peu aléatoire puisqu’à quelques encablures les uns des autres, certains restèrent coincés quand d’autres progressaient difficilement à 2 nœuds. La bouée de Cussy, au milieu de la baie de Seine, établissait ainsi une nouvelle hiérarchie quand la marée montante et une petite brise de secteur Est permettaient enfin de faire route vers l’arrivée, la Direction de Course ayant décidé de « shunter » le zigzag final devant Ouistreham. 
Profitant de sa connaissance du plan d’eau, le Normand Fabien Delahaye (Port de Caen-Ouistreham) prenait la direction des opérations, poursuivi de près par Gildas Morvan (Cercle Vert) et Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls), le premier « bleu » Xavier Macaire (Starter Active Bridge) s’incrustant à une belle quatrième place. Ne restait plus qu’à tenir sa position jusqu’à l’arrivée située à une vingtaine de milles de la bouée de Cussy… Mais si les quatorze premiers optaient pour la route directe, leurs poursuivants emmenés par Jeanne Grégoire (Banque Populaire) choisissaient de pointer plein Est pour bénéficier d’un courant de marée montante plus fort. Une redistribution des cartes était encore possible !
Un final à rebondissements !

Après le passage de la bouée de Cussy à 20 milles de l’arrivée, certains solitaires ont pourtant tenté des options pour se démarquer derrière le trio leader. Ainsi Laurent Pellecuer (Atelier d’Architecture Jean-Pierre Monier) se glissait plus au Sud tandis que Nicolas Lunven et Erwan Tabarly (Nacarat) se décalaient dans le Nord de la route directe. Quant au deuxième groupe de poursuivants à partir du quinzième et emmené par Jeanne Grégoire (Banque Populaire), il piquait plein Est pour profiter d’un courant de marée montante plus fort… Mais sur la zone d’arrivée devant Ouistreham, la brise était de secteur Sud entre 3 et 5 nœuds ! De quoi redistribuer les cartes une nouvelle fois.
Mais à moins de 5 milles de l’arrivée, le vent s’établissait sur toute la zone de secteur Est 5 à 7 nœuds, ce qui ne provoquait que quelques légères modifications hiérarchiques : tous les solitaires se focalisaient plutôt sur l’écart en temps par rapport au premier car les minutes s’égrainaient vite… Ce retour à des conditions stables permettait ainsi à plus de trente skippers de maintenir un delta inférieur à une heure, ce qui reste « acceptable » quand trois autres étapes sont encore à courir. Fabien Delahaye acquiert par cette victoire, un ascendant psychologique non négligeable pour la suite, surtout par rapport à certains favoris comme Frédéric Duthil (Sepalumic) à 27’, Thierry Chabagny (Gedimat) à 29’, Adrien Hardy (Agir Recouvrement) à 54’...

Du côté des « novices », l’ex-Ministe Xavier Macaire frappe fort en terminant cinquième et en remportant le classement Bénéteau des Bizuths tandis que le Britannique Phil Sharp s’adjuge la septième place : superbe résultat puisqu’ils relèguent le troisième, Thomas Ruyant à près de vingt minutes…

 

Top 10:

1. Fabien Delahaye, Port De Caen Ouistrehamn, 50h14'36" elapsed time

2. Gildas Morvan, Cercle Vert, + 11'09"

3. Jean-Pierre Nicol, Bernard Controls, + 11'22"

4. Jeremie Beyou, BPI, + 12'28"

5. Xavier Macaire, Starter Active Bridge, + 14'08"

6. Thomas Rouxel, Bretagne-Credit Mutuel Performance, + 14'19"

7. Phil Sharp, The Spirit Of Independence, + 15'04"

8. Laurent Pellecuer, Atelier D'architecture Jp Monier, + 16'54"

9. Nicolas Lunven, Generali, + 17'46"

10. Erwan Tabarly, Nacarat, + 23'01"

 

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© Courcoux-Marmara/Le Figaro

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